Ulver. Shadows of the Sun.

Un champ vaste se dessine, long, profond, il semble dirigé vers l’infini. Au loin, on aperçoit l’horizon, déserte, anecdotique.
Un murmure me parvient, calme, lent, lointain.
Petit à petit, semble se dessiner une mélodie, de primes abords discrète et timide, mais qui ne cesse de grandir, de se développer, et ainsi de révéler ses couleurs, sa consistance attirante. Mon esprit est happé par ce qui peut être considéré désormais comme une force. La mélodie continue de plus belle, mais semble dérangeante, un soupçon de mystère s’en échappe. Je ne peux m’en extirper, et ne peux que me résoudre à la fixée. Mon attention lui est maintenant toute acquise.
Le reflet orangé du soleil couchant sur l’herbe me parvenant commence à se brouiller. Je ressens encore les caresses du vent d’automne, mais mon corps semble comme engourdie, et cette impression ne cesse de grandir.

La mélodie semble maintenant m’inviter à quelque chose. Elle ondule, calme et reposée.
Je semble déconnecté du monde. J’oublis mes sens. L’idée d’inconscience m’effleure, mais la musique m’en détache, je ne peux m’y opposer.
Ma vision s’apparente au vide, l’espace, le temps, le silence.
Mais toujours au-dessus résonne la mélodie. Elle m’emmène, de plus en plus loin. Suis-je en moi, ou dans une réalité parallèle ?
Mais ces préoccupations, ces questionnements semblent peu à peu superflus.
La beauté s’impose à mes yeux. La musique se fait plus claire, la couleur apparait.
Qu’importe de partir en terre inconnue tant cette sensation est enivrante et merveilleuse. Je me laisse donc entraîner, sans résistance, à explorer ainsi les profondeurs de monde âme, ou celles du cosmos.

Des ombres se dessinent, jouent avec la lumière, tourbillonnent et m’entourent. Mes ces ombres ne m’inspirent pas de rejet, de peur, non. Je les apprécie, elles me réconfortent.
Une étoile apparait, les faisant disparaître. Elle brille. Cette luminosité m’intrigue, me trouble.
Le rythme semble changer. Il s’accélère.
L’inquiétude me prend. La peur apparait. Une sensation de froideur grandit en moi. Est-ce cela la mort ? Ou bien la vie ? Notre existence est elle si froide ? Cela s’apparente-t-il à la folie ? L’âme égarée, l’être vidé, les sensations oubliées ?
Mais persiste cette idée de beauté associée à la mélodie, impression constante, éternelle, sublime et fantasmée.
Déjà elle m’emmène vers d’autres horizons. Elle se fait nette, cuivrée, jaune, ronde. Elle rebondit, s’amuse. J’oublis le passé, et avance.
Elle semble se matérialiser en une boule, qui vagabonde. Elle avance, joyeuse, et je la suis, joyeux. La chaleur semble la caractériser, la tiédeur du chez soi, la familiarité d’un lieu connu, paisible.
Puis elle s’arrête. La matière disparait. Elle tombe. Je tombe.
L’univers défile devant moi. La lumière disparait. Le doute explose, la peur s’impose. L’obscurité reprend sa place. La musique résonne, ondule, écrasée. Elle s’éloigne, elle s’estompe. Le silence s’instaure. L’incohérence parait ordonnée, l’extravagance parait raisonnée.
J’ouvre les yeux.
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